Atelier VALETUDO

En mars 1888 Vincent van Gogh écrivait à son frère Théo "Les artistes ne trouveront pas mieux que de se mettre ensemble, de donner leurs tableaux à l’association, de partager leur prix de vente de telle façon du moins que la société garantisse la possibilité d’existence et de travail de ses membres ».

Du nom de la déesse grecque de la santé, l’atelier Valetudo répond depuis 1995 à ce rêve de Van Gogh au sein de la maison de saint Paul à saint-Rémy-de-Provence où il fut interné un an.

A travers les barreaux de sa chambre qui établissaient une frontière entre son rêve et la réalité, l'art lui permit de la reculer puis de la franchir pour aller à lui.

Comme Vincent, les artistes de Valetudo ont exprimé sur cette œuvre collective à support de bois et de drap peinte sous sa chambre, la rupture de l’étanchéité d'avec le plaisir, le dépassement des limites établies que la souffrance psychique leur imposait, l'agrandissement de leur champ d'action, l’abolition de la séparation d'avec le bien être dont ils avaient été privés.

Ce sont cette ouverture et ce retour à la liberté par leur dépassement psychique et graphique que les artistes ont représenté dans les barreaux et cette vue des Alpilles de cette chambre dans laquelle il écrivait " à travers la fenêtre barrée de fer aperçois un carré de blé dans un enclos, une perspective à la van Goyen au-dessus de laquelle le matin je vois le soleil se lever dans sa gloire ».

Car comme le rappelait Morgan Sportès,"Il n'est pas de limite, de frontière, de garde-fou que l'on puisse imposer au temps".